lundi 26 octobre 2020

Lettre ouverte à mon papi...

Papi, je n’ai pas l’habitude de publier, ici, sur ma vie privée ou familiale, mais aujourd’hui est un jour particulier et je veux le faire pour te rendre hommage…

Aujourd’hui, tu fêtes tes 100 ans. 100 ans, cela nous emmène aux années 20 des années que toute personne qui lira ces quelques mots n’aura pas connues.

Je me souviens, petite, quand je venais en vacances je te trouvais vieux à 64 ans… Aujourd’hui, tu en à 100 et je te trouve plus jeune ou peut-être que c’est moi qui ai vieilli… Et 60 ce n’est pas si loin…

Toi et ta force tranquille… Le papi capable de jouer à « Tricolo » des heures durant, marcher encore marcher pour s’occuper du potager de pépé, nous accompagner en voiture en 4ème vitesse car nous sommes en retard à un rendez-vous, admirer ton jardin s’épanouir grâce à tes bons soins, regarder le tour de France et nous faire aimer ça, passer l’aspirateur après nos bêtises, me coincer dans mon petit lit pliant (on a tellement rigolé), manger du chocolat encore et encore parce que nous, tes petites filles, infirmières d’un jour, te préconisions ce remède pour guérir, réparer une bassine avec une vis et un écrou, faire la vaisselle en te cassant le dos et surtout ne pas nous permettre de la faire parce que ça casse le dos, déguster un bon vin ou deux mais avec modération, faire un malaise vagale au point de devoir t’allonger tout en disant que ça va (ce jour là, j’ai eu vraiment peur !!!), ne pas réclamer que les aide-soignantes viennent t’aider à mettre tes bas pour ne pas les déranger, perdre ta bien-aimée, l’amour de ta vie ta petite mère comme tu l’appelles et rester pour nous, rester et discuter… Discuter de sport, du temps, des petits et arrière petits enfants, tu connais mieux leurs dates de naissance que moi… Une mémoire d’éléphant, une encyclopédie vivante comme j’aime à dire et tout ça dans une simplicité sans pareille. 

Si je ressemble énormément à mamie, qui n’est plus, de toi j’ai hérité un NEZ, et quel nez, il en ferait presque pâlir Cyrano. Mais, c’est la marque de fabrique, toi, papa, moi, alors je l’accepte… Peut-être aussi la couture est-elle un héritage inconscient, impalpable et qui me transporte… 

Aujourd’hui, tu as 100 ans… Tu aimes à dire que tu es le plus vieux de ta tablée (et je pense de l’EHPAD !) et pourtant le seul à venir manger sur tes deux pattes (avec la canne). À nouveau, je te le dis, reste fier d’être le plus vieux et le plus vaillant, le plus fort et le plus longtemps possible!!!

Bien avant, tout a été annulé à cause de ce virus, nous ne serons pas réunis pour cet événement, l’événement d’une vie… Sans toi, je ne serais pas…

Alors je suis triste de ne pouvoir te le dire en « vrai », mais je l’écris haut et fort ici : Merci papi d’être toi, merci d’être là, je t’aime…

Ta petite fille, 3ème du nom !!!




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